jerbrouche

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Interview :)

Voilà un petit entretien sympa avec un élève de 1ère qui passe son épreuve de TPE en fin d'année sur l'aspect mental dans le sport.

 

 

1) Pour commencer, Jérémy, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

 

Je suis un joueur de tennis classé 1/6 (environ 700eme français). J’ai été -2/6 (j’étais 327eme) avant mes études. Aujourd’hui je suis kiné et j’ai envie d’aller au bout de mon potentiel dans ce sport. J’ai notamment pour objectif d’intégrer le top 100 français en octobre 2018.


2) Pourquoi avez-vous choisi le tennis ? Votre père, ex 280 mondial, vous a t-il influencé dans votre choix ?

Mon père a été classé 0 au mieux !
Mes parents ne m’ont jamais forcé à jouer au tennis. J’ai toujours adoré ça. Bien-sûr le fait que mon père soit prof de tennis a eu une influence.


3) Selon vous, avoir comme entraineur son père est-il un avantage ou un inconvénient ?

C’est déjà dans un 1er temps un énorme avantage d’un point de vue financier. Je n’aurai pas pu me payer toutes les heures d’entrainement que j’ai effectué avec lui avec un autre entraîneur.
Ensuite la relation présente à la fois des avantages et des inconvénients.
A l’heure actuelle pour moi ça représente surtout des avantages : le fait qu’il me connaisse très bien, sa disponibilité et la confiance mutuelle. Son soutien et sa patience aussi que je n’aurai pas eu auprès d’un entraîneur avec lequel je n’ai pas ce lien parent fils. Et puis avoir un projet commun avec son père c’est une belle chose à partager.


4) Etes-vous suivi mentalement par un spécialiste ?

J’ai suivi pendant 2ans un psychologue et sophrologue qui m’a ouvert l’esprit. Ca a été bénéfique pour moi il m’a initié à 2 lectures intéressantes : « l’athlete interieur » de Dan Millman un champion du monde de trampoline. J'ai notamment intégré une leçon essentielle à la vie et au sport pour réussir dans ce livre : « il n’y a pas d’erreur il n’y a que des leçons ». Le 2ème livre était « cessez d’être gentil soyez vrai » de Thomas d’Assembourg.
Aujourd’hui j’ai un coach/mentor qui est à la fois dans l’analyse et dans l’action contrairement au psychologue que j’avais qui était trop dans l’analyse. J’ai beaucoup + de résultats avec mon coach actuel en terme de confiance, dans ma capacité à faire des choix, à savoir ce que je veux. À voir des opportunités dans chaque situation. Dans la qualité de mes relations aussi.

 

5) Selon vous, quel est la part du mental dans la réussite d’un joueur de tennis ?

 

C’est 50% pour moi. Mais je ne parle pas sur un match. Sur un match ce n’est pas si important. Mais je parle vraiment de réussir sur le long terme dans ses objectifs. Si le joueur n’est pas bien dans sa tête il ne pourra pas s’entrainer correctement tous les jours. Si un joueur a de grosses qualités physiques et techniques mais qu’il n’a pas assez confiance en lui, qu’il ne prend pas de plaisir à s’entrainer et a du mal à se concentrer il ne pourra pas réussir.
Quand on parle mental au tennis on pense à la gestion des points importants sur le moment du match. Mais en fait le mental ça va bien au delà de ça. Le match a débuté déjà bien avant si dans la vie de tous les jours tu es bien ou pas dans ta tête. Si au travail ou dans les tâches à effectuer à côté tu es bon, si tu as des relations de qualités avec les gens qui t’entourent, si tu es quasiment toujours de bonne humeur. Si tu arrives à rebondir rapidement après un échec. Tous ces petits détails peuvent influer sur la réussite d’un joueur de tennis. Il faut toujours essayer de progresser constamment dans chaque domaine, dans la confiance, dans le bien être...
Un champion du monde de boxe disait récemment : les 3 clés de la réussite sont la confiance l’implication et le plaisir. Je rajouterai juste une 4ème qui est la concentration.

 

6) Comment peut-on évaluer les progrès sur l’approche mentale au plus haut niveau

 

Moi je me rends compte des progrès que je fais quand je sens que je progresse en terme de résultats. Ensuite par ma capacité à revenir rapidement dans le moment présent après un point perdu. A ne pas penser et à ne pas parler sur le terrain. Mais là où je m’aperçois le + des progrès c’est par rapport à la confiance que j’ai en moi dans la vie et mon niveau de bien être de manière générale.
Si après une défaite difficile je mettais auparavant 3 jours à m’en remettre et que maintenant je mets 2 jours et 23h alors c’est là que je vois si j’ai progressé. Il faut juste essayer d’être meilleur que soi même !
En tout cas dans la confiance, le bien être, la capacité à être heureux on peut progresser et apprendre tous les jours. C’est infini. Chaque jour on peut essayer de trouver le petit millimètre qui fera la différence.

 

7) Avez-vous un match référence où vous vous êtes révélé mentalement ?

 

Pas spécialement. Je connais mon état de concentration optimal. C’est le suivant : Je ne pense pas, je ne parle pas, je respire bien, je suis calme, je m’encourage. Ça m’est arrivé sur plusieurs matchs.

 

8) Ressentez-vous du stress sur un court de tennis ? Si oui comment arrivez-vous à le gérer ?

 

Oui. J’ai notamment ressenti beaucoup de stress avant ma luxation de la rotule l’an dernier. Je jouais super bien à l’entrainement et j’avais peur de ne pas retranscrire ça en match. Depuis j’ai subi 2 opérations des genoux et je n’ai plus vraiment de stress. La vie m’a envoyé un petit coup de pouce pour m’aider à relativiser ! Par contre je ressens encore du doute parfois mais grâce à tout le travail de développement personnel que je fais à travers les discussions avec mon coach, les vidéos sur internet de David Laroche et les différents livres que j’ai lu notamment le livre en quête d’excellence de Terry Orlyck. J’en ressens de moins en moins. Mais comme je disais c’est infini je continuerai toujours à essayer d’apprendre et de progresser.

 

9) Avez-vous un diététicien qui vous conseille ?

 

Non mais je suis à l’écoute de mon corps. Les nombreuses blessures que j’ai eu ont été pour moi l’opportunité de revoir mon alimentation. J’ai arrêté les produits laitiers comme de nombreux sportifs (Djokovic et Murray par exemple) que je remplace par du lait de soja, lait d’amande, lait d’avoine ou lait de coco.
J’ai à un moment arrêté le gluten mais je me suis rendu compte qu’il ne faut pas forcer les choses. J’ai arrêté alors que je n’étais pas prêt à le faire et c’était donc trop d’effort. Dan Millman disait : « il faut juste écouter son corps et ce que les aliments ont comme effet sur votre corps et au fur et à mesure vous mangerez ce dont vous avez vraiment besoin ». C’est le meilleur conseil à donner. Il faut se faire plaisir. J’adore encore les hamburgers frites avec de la mayonnaise à l’heure actuelle. Si ça me permet d’être bien dans mon corps et dans ma tête pour l’instant alors c’est que j’en ai besoin ! Peut être qu’un jour ça passera ! Il y a une époque où je mangeais des tartines de Nutella tous les jours ! Maintenant je n’en ressens plus l’envie et je sais que je peux me faire plaisir avec des aliments sains, ce qui n’était pas forcément le cas avant.



24/01/2016
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